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Consult'action des locataires : les résultats

Ces six dernier mois, des locataires volontaires et des agents de l'OPH ont sillonnés les rues, les immeubles ou les sorties d'écoles à l'aide d'un questionnaire pour recueillir l'avis des locataires, leurs priorités pour l'OPH et le logement social en général.

Etats généraux de l'OPH - Les résultats (pdf - 3,41 Mo)

Ces questionnaires, qui ont été analysés par l'ENSAI (école nationale de statistiques et de l'analyse de l'information), représentent le fruit d'un travail qui a été présenté le 28 juin dernier devant 300 personnes dans le square Lucien Brun. Les résultats qui vous sont présentés ici portent sur l'analyse de 950 questionnaires remplis.

Le nombre de logements relevant de l’Office Public de l’Habitat d’Aubervilliers étant de 8 000 logements environ, on peut dire qu’il s’agit là d’un chiffre important et significatif qui donne une grande fiabilité à ce résultat. À titre de comparaison, les questionnaires distribués habituellement dans ce type d’enquête donnent des retours beaucoup plus faibles, de l’ordre de 150 à 300 questionnaires. Et si on parle de sondage, il est habituel de rendre compte de l’opinion des Français avec des échantillons de 1000 personnes à l’échelle du pays.

Mais au-delà du nombre, de la quantité, ce qui est particulièrement remarquable, voire inédit, c’est que ce questionnaire a été diffusé par des locataires et des agents de l’OPH qui ont « frappé à toutes les portes » et conduit des entretiens approfondis qui ont duré parfois de 15 à 20 minutes.

1. Aubervilliers, le logement social et la Métropole :

 A)    Une vision contrastée d’Aubervilliers

Une moitié des répondants estime qu’Aubervilliers est une ville où il fait bon vivre, mais une autre moitié pense qu’elle n’est pas agréable à vivre.

 

Il apparaît très clairement que cette différence de perception de la ville est générationnelle : les personnes de 18 à 40 ans trouvent majoritairement qu’Aubervilliers est une ville agréable à vivre ; à partir de 50 ans c’est l’inverse :

Lors des rencontres qui ont permis de préparer la trame du questionnaire, il y avait déjà entre les habitants un débat sur ce que représente Aubervilliers à leurs yeux. Pour la plupart des anciens habitants, la ville a évolué dans le « mauvais sens », elle s’est dégradée. Ils ont souvent fait référence à un temps où la ville était « mieux entretenue » avec des « immeubles de standing ». En revanche chez les jeunes et les nouveaux habitants, la ville est plébiscitée. Ils apprécient la proximité avec Paris, les infrastructures…

Deux chiffres expriment bien cet écart : 71% des moins de 18 ans et 63% des 18 à 24 ans trouvent que la ville d’Aubervilliers est agréable à vivre, et ce chiffre tombe à 37 % pour les 65 à 74 ans.

On retrouve la même différence de perception sur Aubervilliers suivant l’ancienneté de présence dans la ville :

  • 54% des nouveaux habitants (moins de 5 ans) trouvent qu’Aubervilliers est une ville agréable à vivre
  • Alors qu’ils ne sont plus que  46% au bout de 15 ans d’ancienneté.

Il y a donc à Aubervilliers, deux populations avec des regards très différents sur la ville mais qui ont toutes un lien  avec la question du logement social : pour les jeunes c’est l’espoir de pouvoir vivre à Aubervilliers, pour les plus anciens c’est la crainte d’en être chassés.

B)    La place d’Aubervilliers dans le Grand Paris 

Dans leur ensemble les habitants n’ont pas de vision claire sur la place qu’occupera Aubervilliers dans le Grand Paris et cela se retrouve dans le fait qu’aucun avis majoritaire ne se dégage dans la ville sur la façon dont l’avenir se profile :

  • 23% pensent qu’Aubervilliers compte beaucoup dans le Grand Paris
  • 27% pensent qu’Aubervilliers compte comme les autres villes dans le Grand-Paris
  • 23% pensent qu’Aubervilliers compte peu dans le Grand Paris
  • 17% pensent qu’il ne compte pas du tout dans le Grand Paris.

Mais, quand on parle de l’avenir et de la place qu’Aubervilliers occupera demain dans le Grand Paris, alors une tendance plus nette se dégage : 35% des répondants pensent que la ville va prendre plus d’importance contre 17% qui pensent qu’elle va disparaître dans le Grand Paris.

Une fois de plus, les écarts d’âge sont significatifs : 45% des jeunes de moins de 18 ans et encore 40% des personnes de moins de 50 ans pensent que leur ville va prendre de l’importance contre seulement 26% des plus de de 65 ans.

C)    Le logement social et la Métropole …

Un point fait quasiment consensus parmi les répondants, le fait que leur ville permette à près d’un habitant sur deux de se loger dans le parc social est un atout pour Aubervilliers et pour la Métropole :

58% des locataires interrogés considèrent que c’est « un atout pour la Métropole et pour Aubervilliers de pouvoir loger dans le logement social ceux qui y habitent et y travaillent » .

 

Et pour ces mêmes habitant-es, contrairement à bien des opinions entendues sur ce que représente le logement social, celui-ci remplit des fonctions essentielles pour la ville :

C’est avant tout comme on le voit la possibilité pour les gens modestes d’accéder à un logement, le mélange des cultures et la mixité sociale, l’entraide, le partage et la solidarité.

Cependant, si l’attachement au logement social est profond, la crainte quant à son avenir reste tout aussi importante. En effet la question de l’accessibilité du logement social à l’avenir reste en suspens face aux changements auxquels Aubervilliers est confronté dans le contexte du Grand Paris.

D)    Construire, rénover… le logement social pour qui ?

Les doutes concernant la place d’Aubervilliers et de ses habitants dans le Grand Paris se retrouve dans le débat sur les nouvelles constructions : les Albertivillariens se demandent si ces nouvelles constructions permettront de loger les personnes les plus modestes. Ils espèrent que oui, mais doutent que les politiques engagées en matière de logement social aujourd’hui et demain leur bénéficient.

A peine 50 % des personnes interrogées pensent ainsi que « les nouvelles constructions permettront de loger tous les Albertivillarien-ne-s » .

Comme on le voit, la moitié des personnes rencontrées doutent que le logement social soit à l’avenir accessible aux couches modestes.  Ils ont peur que le logement social devienne trop cher pour eux et qu’ils soient contraints d’aller vivre toujours plus loin. De façon assez unanimes les habitant-e-s pensent que ces nouvelles constructions seront destinées aux « nouvelles populations » et non aux Albertivillariens de longues dates : ils sont près de 70% à penser qu’ils ne pourront plus habiter sur Aubervilliers car « les nouvelles constructions, y compris le logement social vont devenir de plus en plus chers  » et 54% à être tout à fait d’accord ou plutôt d’accord à penser que le « logement social sera destiné à de nouvelles populations et non aux Albertivillariens ».

Au fond les habitants pensent que les investissements sont portés sur les nouvelles constructions pour attirer de nouvelles populations et ont le sentiment qu’à l’avenir ils seront donc exclus de ces nouveaux immeubles qu’ils imaginent plus beaux et mieux entretenus : 57% des locataires pensent que dans l’avenir logement social sera plus agréable à vivre car les bâtiments seront mieux entretenus … et qu’ils n’en profiteront pas !

 

Par conséquent, pour la plupart des locataires, la priorité est de s’occuper en priorité du patrimoine existant, soit en le rénovant soit en détruisant les immeubles vétustes :

  • 39% pensent qu’il faut donner la priorité à l’entretien et à la rénovation des immeubles existants et arrêter la construction de nouveaux .
  • 25,6% pensent qu’il faut détruire les immeubles vétustes pour en construire de nouveaux

2. Le logement social et moi … 

A)    Un sentiment d’abandon

Dans ce contexte où les habitants se demandent s’ils auront encore leur place dans les années à venir, tous les aspects de négligence ou de dysfonctionnement sont donc perçus comme des signes d’une volonté de les évincer, ce qui renforce le sentiment d’abandon.

Ainsi, alors même que les relations entre locataires et OPH sont jugées satisfaisantes (pour 49% des répondants), contre tout de même 37% qui les trouvent non-satisfaisantes, si on va plus loin, on voit que 64% des répondants ont le sentiment d’être méprisés et abandonnés par l’OPH , 58% à estimer que l’OPH ne les écoute pas et ne leur apporte aucune réponse et encore 58% à avoir la sensation de ne pas avoir la confiance de l’OPH .

3.    Quelles priorités pour améliorer la qualité de service de l’OPH ?  

Pour améliorer la qualité de vie dans le logement social à Aubervilliers, les locataires attendent des réponses à trois niveaux : d’abord ils attendent que l’OPH résolve les problèmes les plus urgents au quotidien. A cette condition, et dans le même temps, ils attendent une amélioration dans les relations humaines avec l’OPH et ses salariés. L’OPH est enfin attendu sur un troisième terrain, plus immatériel mais tout aussi fondamental, c’est le cadre même dans lequel ses propres décisions sont prises, qui renvoient au sentiment d’abandon et de ne pas être écouté.

A)    Résoudre les problèmes les plus urgents du quotidien

Les habitants attendent en priorité que les problèmes du quotidien soit résolus. C’est pour eux une question de respect et la condition sine qua none pour redémarrer une relation sereine avec l’OPH. Les trois thématiques à traiter en priorité selon les habitants sont : 

  1. « S’occuper des nuisibles » (cela représente 415 des réponses),
  2. « S’occuper de l’insécurité » (cela représente 366 des réponses),
  3. « S’occuper de l’entretien des espaces communs (cela représente 362 des réponses).  

Il y a d’autres priorités à traiter selon les locataires interrogés :

B)    Améliorer la qualité des relations entre les locataires et l’OPH 

En parallèle de ces urgences, ils attendent qu’il y ait une meilleure organisation de la relation avec l’OPH. Les habitants attendent des transformations plus structurelles qui touchent à la qualité des relations entre l’OPH et les locataires. Ils veulent que l’OPH assure un suivi dans sa relation avec eux : Il faut que toute demande d’un locataire aboutisse à une réponse et fasse l’objet d’un suivi est la première des priorités avec 422 réponses, et soit plus présent sur le terrain, avec une préférence pour « des rencontres régulières entre les locataires et l’OPH pour trouver des solutions communes » et l’attente de « plus de gardiens disponibles  avec des horaires adaptées » (387 réponses).

C)    Des priorités et des idées innovantes pour améliorer le quotidien 

Dans les débats qui ont permis de construire ce questionnaire, les locataires se sont exprimés sur ce qu’il fallait faire pour améliorer leur quotidien. Les idées et suggestions ont donc été soumises à vous toutes et tous, et là, dans le tableau que vous découvrez, on peut voir quelques surprises : Arrive en tête une demande concernant le travail des agents de l’OPH et, quasiment équivalente une autre demande portant sur le principe de sanctionner les mauvais comportements des locataires. La surprise, c’est le point suivant, 1/3 des locataires considèrent que l’Office doit développer des actions en faveur de la réussite des jeunes. Si nous mettons en avant cette question, c’est qu’il peut apparaître surprenant qu’on s’adresse à un organisme de logement pour lui demander de traiter une question qui, à priori, ne le concerne pas. Il faudra donc sans doute approfondir cette question. 

Arrivés à ce point de l’analyse des résultats, on peut avoir un sentiment mitigé. En effet, comme on vient de le voir, dans ce questionnaire il existe un véritable attachement au logement social, à ce qu’il représente pour ceux qui y habitent comme possibilité de vivre aux portes d’une métropole mondiale, dans une ville à laquelle ils sont attachés, avec leur famille, leurs amis, mais on voit aussi de nombreux points de mécontentements et des urgences à traiter.

Cependant, les locataires ne sont pas pour autant passifs ou désintéressés devant cette situation difficile. Au contraire même, ils souhaitent participer à la solution des problèmes qu’ils ont mis en avant.  

4. Le logement social avec  moi … 

Plus d’un tiers des répondants - 387 - demandent l’organisation de rencontres régulières entre les l’OPH et les locataires pour trouver des solutions communes.

En approfondissant cette question, on voit...

… que cette volonté de participation est massive. En effet vous êtes plus de 400 à vouloir que l’avenir de l’OPH se construise par ces rencontres directes, et 297 à demander la mise en place de référents.

D’ailleurs, quand les locataires doivent se prononcer sur une question complexe et qui est beaucoup débattu au niveau national, c’est à dire qui doit agir pour transformer les choses, les réformer… La réponse montre que chacun doit prendre sa part :

 

Retrouvez l'intégralité des résultats de la consult'action des locataires en PDF (pdf - 3,41 Mo)

Liens utiles :

Les engagements de l'OPH

Retour en vidéo sur la démarche "Le logement social et moi" États Généraux de l'OPH d'Aubervilliers

Retrouvez les photos de la soirée de présentation des résultats de la Consult'action